La vallée de Szalajka en Hongrie est un lieu naturel enchanteur qui attire nombre de visiteurs.
La boucle de Szilvásvárad ne manque pas d’y passer
et permet au randonneur d’en comprendre les raisons.
⏱ 5h00 | 🥾 16km | 💪 Moyenne

LE LIEU
HONGRIE (Hongrie septentrionale)
Département (Comitat) : Heves
Commune : Szilvásvárad
Départ : grand parking payant au Sud
du village, au niveau du stade d’équitation
Coordonnées GPS : 48.095284 / 20.392330

LA RANDO
Type : boucle
Distance totale : 16 km
Temps total : 5h00
Difficulté : moyenne
Dénivelées cumulées : +835m / -835m
Altitude maxi / mini : 960m / 390m
Mornes plaines
La Hongrie, c’était sur notre route, mais plutôt en mode « j’y passe en vitesse ».
Il fallait la traverser par l’Est pour passer de la Roumanie à la Slovaquie, et ce n’est pas là où elle est la plus intéressante. C’est le territoire des grandes plaines et seuls les quelques reliefs du Nord du pays nous attiraient.
Alors nous avons filé droit jusque là depuis la frontière roumaine. Et nous y avons filé d’autant plus vite que la météo était maussade.
Après un arrêt aux « pierres de ruche » de Szomolya et à la cascade de sel d’Egerszalok, la route vers le Nord s’enfonce dans le massif montagneux du Bükk. C’est là, au village de Szilvásvárad, que nous faisons notre dernière visite hongroise avant d’entrer en Slovaquie.
(H)être bique, sans devenir chèvre
Pour ces derniers pas en terre magyare (territoire de langue hongroise), nous choisissons de faire une randonnée dans le parc national de Bükk. « Bükk » qui se prononce en hongrois « bic » ou « bique » (comme le stylo ou comme la chèvre, ça dépend si vous travaillez dans des bureaux ou dans une ferme), et qui signifie « Hêtre ».
Pourquoi ce choix ? Parce qu’il y a des montagnes, de la forêt, des lacs, des cascades, des grottes, des aigles, des faucons, des mouflons, des ours… et même des cafés !!
Et dans la magnifique et très touristique vallée de Szalajka où nous allons marcher, un musée à ciel ouvert, un petit train et de grands espaces verts aménagés complètent l’ensemble. Que voulez-vous de plus ?!
On vote pour la gauche ou la droite ?
Comme souvent, nous cherchons des parcours en boucle pour éviter de passer deux fois au même endroit.
Et qui dit boucle, dit deux sens possibles de marche : soit on part à droite, soit on part à gauche.
« – Et s’il y a un troisième chemin qui part devant, on fait comment ? »
« – On sort sa carte papier »
« – Et si on ne sait pas lire une carte ? »
« – On sort sa boussole »
« – Et si on ne sait pas utiliser une boussole ? »
« – On suit la trace GPX de son téléphone »
« – Et si on n’y comprend rien aux traces GPX ? »
« – … on arrête de randonner »
Nous, nous avons décidé de partir par la droite (chemin le plus au Sud sur le plan ci-dessus). C’est à dire par le plus beau tronçon, le plus facile, le plus varié… et le plus fréquenté.
Vous pouvez bien évidemment faire cette randonnée dans l’autre sens, pour au contraire terminer par ce tronçon. Si nous avions été en jambes, c’est certainement ce que nous aurions fait pour garder le meilleur pour la fin.
Mais attention : dans ce sens-là ça grimpe fort assez vite, vous aurez très peu de temps pour chauffer vos muscles.
Derniers réglages
Il est aux environs de 11 heures quand nous nous apprêtons à démarrer notre marche. Nous sommes Samedi, le parking est déjà bien rempli, les hongrois profitent de la journée ensoleillée qui s’annonce pour se mettre au vert.
Le petit train touristique qui se faufile dans la vallée ombragée de Szalajka est plein à craquer (horaires et tarifs ICI). Cette voie ferrée servait autrefois à acheminer le calcaire extrait en fond de vallée vers les usines à chaux.


Qui plus est, c’est jour de compétition au stade hippique qui jouxte la zone de stationnement. Les hongrois aiment les chevaux et l’engouement du public pour ce concours est manifeste. Il y a du monde en tribune. Autour, c’est un ballet de chevaux, de cavaliers et de vans qui vont et viennent dans les allées.
Pendant que le speaker du stade égrène les noms des concurrents qui défilent sur la piste, nous nous occupons de nous ravitailler pour le pique-nique de la journée. Derrière le stade, des dizaines d’échoppes en bois au toit vert s’assurent que le passant ne manque de rien : bar, restaurants, snacks, souvenirs, jeux pour enfants… il y a tout ce qu’il faut.



A défaut d’avoir beaucoup de choix, nous achetons deux gros sandwichs chauds à un agréable commerçant. Il est tôt, mais nous avalons sur le champ notre repas. Le transporter, c’était prendre le risque de le voir s’écraser et couler lamentablement dans nos sacs à dos.
Un remplissage de gourdes à la fontaine qui se trouve à deux pas, et nous voilà enfin partis.
Promenons-nous dans les bois
La première partie est facile, essentiellement plate, et de nombreuses familles hongroises sont venues profiter des lieux avec enfants, chiens et paniers pique-nique. Les couleurs automnales commencent à poindre leur nez dans les feuillages, l’émerveillement renaît devant l’éternelle poésie des saisons.


Le chemin bitumé avance sous un couvert forestier agréable pendant 3 kilomètres environ, ponctué de divers points d’intérêts au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans la vallée.


On découvre ainsi successivement : des loueurs de vélos, un parcours d’accrobranches, des biches et des cerfs dans un espace clôturé, un musée de la forêt, la statue en bois du « Gardien des Carpates » en mémoire des soldats de la première guerre, un étang, un élevage piscicole, une source jaillissant d’une grotte dans un deuxième étang…






… un musée en plein air sur la vie et les métiers d’autrefois, une cascade en escalier, une immense clairière pour pique-niquer ou jouer, la gare d’arrivée du petit train et enfin un lac de rêve ! Ouf, ça c’est de la promenade.








Mais ce n’est pas fini….
Une grotte préhistorique
A gauche du lac au niveau du barrage, une montée courte mais raide mène à une magnifique grotte : « La grotte en pierre stable » (Istállós-kői cave). C’est l’une des 4 grottes de Hongrie où des découvertes archéologiques importantes ont été faites. Les dimensions de son entrée triangulaire et de son unique salle sont assez impressionnantes, aucun risque de se marcher les uns sur les autres ici.



Pour ceux qui ne sentent pas d’aller plus loin, un autre sentier leur permet de redescendre à l’extrémité Sud du lac, pour voir la source de la rivière Szalajka.
Une plaque commémorative placée à son entrée (porte en fer) rappelle le décès ici du plongeur hongrois Géza Fodor, disparu en tentant d’explorer la source plus en amont.
La deuxième partie de la montée se fait dans un très belle forêt de hêtre. Ici, plus personne, tout le monde a fait demi-tour à la grotte pour rejoindre le parking.


Nous retrouvons quelques randonneurs posés plus haut, au point culminant de la journée, l’Istállós-ko (959m). Matérialisé par un poteau de bois gravé et par une croix installés au milieu d’une petite clairière, le lieu est agréable et propice au pique-nique.


Descente en douceur
A partir de là, le sentier entame sa descente tranquille vers la vallée. Il croise une première fois une petite route à Holló-kő (« la pierre du corbeau »), puis une seconde dans un virage où démarre un sentier vers un promontoire rocheux.
Un ancien château, Gerenna, se trouvait autrefois sur cette hauteur. A l’origine en terre (époque slave), puis en pierre (Moyen-âge), il n’en reste presque rien aujourd’hui. Le petit plateau sur lequel il était construit est boisé et mal entretenu, difficile de deviner grand-chose.
La descente se poursuit dans la forêt par un sentier plus sévère, envahi par la végétation par endroit. L’ambiance devient plus sauvage, presque « amazonienne ».


Il rejoint à nouveau la route dans un virage en épingle, puis se poursuit par deux bons kilomètres de faux-plat montant. C’est ici que les premières vues lointaines commencent vraiment. Jusque là, le chemin reste souvent enfermé dans la forêt, il est rare que le regard arrive à s’en échapper.
Un peu plus haut nous attend le parking du belvédère du Millénaire. Construite en l’an 2000 (d’où son nom), cette tour en bois massive de 36m de hauteur domine les sommets et les vallées boisées environnants. Une terrasse panoramique permet au visiteur de profiter du spectacle (entrée : 1,30€). Mais pour s’offrir ce petit plaisir, quelques minutes de grimpette sur un chemin assez raide au départ du parking vous seront nécessaires.


La boucle s’achève ensuite par un beau sentier pédagogique en forêt plongeant rapidement vers le village.
Illustré par plusieurs panneaux qui jalonnent le parcours, il apporte des informations sur la nature et la forêt du massif de Bükk.

Le coin des nomades
Après cette randonnée, nous avons dormi sur le parking où nous nous étions garés au départ.
Nuit calme, le lieu est surveillé, rassurant, rien à dire là-dessus.
Par contre, le prix est plutôt élevé : 5000 forints les 24 heures, soit 13€ environ (gratuit de 21h à 9h).
Et en termes de services, il n’y a rien sur ce parking. Seuls l’hippodrome et la gare du petit train ont des toilettes ouvertes en journée, mais uniquement en saison…
Donc attention, si vous dormez là, pensez à repartir avant 9h sinon vous devrez payer une journée entière.
Et pour le paiement, bonne chance pour comprendre le fonctionnement de la machine. Même les hongrois avaient du mal.
(Cette randonnée à Szilvásvárad s’est faite en octobre 2023)
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